Et si le garçon le plus beau du monde n’était qu’une construction du regard adulte ?

En Suède, des concours de beauté pour enfants sont interdits depuis 2013, au nom du respect du développement psychologique des mineurs. Pourtant, certains parents exposent toujours leurs fils sur les réseaux sociaux, valorisant leur apparence auprès d’un large public adulte. Ce phénomène ne relève d’aucune infraction, même lorsque la frontière entre fierté parentale et objectivation s’efface.

La perception de la beauté chez l’enfant et l’adolescent se trouve ainsi modelée par des attentes extérieures, souvent implicites. Ce cadre influence durablement l’estime de soi, bien au-delà des murs familiaux. La question de l’origine de ces regards s’impose.

Quand l’admiration parentale façonne nos premiers modèles de beauté

À peine le regard adulte posé sur un enfant que déjà s’installe une dynamique : compliments, photos, partages sur les réseaux. Tout cela trace dans l’esprit du jeune garçon les premiers contours de ce que « beau » signifie. Cette fabrique silencieuse des modèles débute dans la sphère familiale, mais elle ne s’arrête jamais aux frontières du foyer. Qu’on vive à Paris ou dans une petite ville, la logique reste la même. Les adultes, parfois sans y penser, posent leurs propres critères, symétrie, finesse des traits, sourire éclatant, sur le visage enfantin.

Mais la définition de la beauté masculine ne se limite plus à une affaire de proportions. Les réseaux comme Instagram, TikTok ou Twitch mettent en avant le charisme, la personnalité, l’ouverture culturelle. C’est une nouvelle scène, ouverte sur le monde, où l’image du garçon circule bien au-delà de la sphère familiale. Ici, la confiance, l’affirmation de soi et la singularité s’entremêlent à l’esthétique ambiante, réinventant les codes.

Quelques constats s’imposent sur l’évolution de ces influences :

  • L’impact parental se trouve désormais amplifié par la caisse de résonance numérique.
  • La notion de « plus beau » oscille entre héritage familial et tendances mondialisées.

Regardons le cas d’Aaron Taylor-Johnson : sacré homme le plus beau du monde en 2025, il incarne parfaitement cette nouvelle génération de modèles. Sa relation avec Sam Taylor-Wood, plus âgée de vingt-quatre ans, bouscule les codes. Les horizons s’élargissent, portés par la diversité et une remise en cause des classements scientifiques traditionnels. En France, le mouvement body-positive invite à repenser la légitimité de ces palmarès et la place qu’ils occupent dans l’imaginaire des jeunes.

Adultes observant un portrait d

À l’adolescence, la quête de soi face aux attentes familiales et aux regards extérieurs

Arrivé à l’adolescence, tout se complique : la construction de l’identité prend une autre tournure. L’adolescent navigue entre ce que les adultes projettent sur lui et ce que le groupe attend. Les modèles familiaux persistent, mais la pression des pairs, du lycée, des réseaux sociaux, devient de plus en plus présente. La beauté se transforme en terrain d’ajustement, entre désir de s’intégrer et envie d’affirmer sa différence.

À cette période, la symétrie faciale et le fameux nombre d’or, hérités de l’Antiquité et encore popularisés par le chirurgien Julian De Silva à Londres, ressurgissent dans les médias. Les classements s’enchaînent, largement repris sur les plateformes sociales. Aaron Taylor-Johnson, élu « homme le plus beau du monde » avec un score de 93,04 %, prend la relève de Regé-Jean Page (93,65 %), tandis que Harry Styles tutoie les sommets avec 98,15 %. À travers chiffres et proportions, la science prétend trancher, mais qui décide vraiment ?

Voici quelques exemples des influences qui traversent l’adolescence :

  • Dans la cour du collège ou sur TikTok, les ados croisent mille visages : Paul Mescal, Lucien Laviscount, Kim Tae-hyung (V), Shah Rukh Khan…
  • Le cinéma, la littérature ou la publicité, de La Chronique de Bridgerton à Acqua di Giò, forgent des archétypes, mais la diversité commence à trouver sa place.

Au final, la quête de soi, sous le regard mêlé des adultes, des amis, des médias, reste un chemin sinueux. Les qualificatifs de « plus beau » glissent, se transforment, parfois s’effacent, au profit d’un espace où chacun tente de redéfinir sa liberté.